Burkina Faso/G5 Sahel : Des défis attendent le président burkinabè (Opinion)

2019/03/02 – Après quatre années de sommets et de plaidoiries auprès des décideurs européens, américains, saoudiens, émiratis et récemment chinois, c’est au président du Burkina Faso qu’incombe la mise en œuvre des engagements militaires du G5 sahel, et des programmes d’investissements.

Parce que sécurité et développement vont de paire, le gouvernement burkinabè procédait au lancement le 3 août 2017 du Programme d’Urgence pour le Sahel, (PUS-BF) d’un budget de 455,34 milliards de f CFA. « Aucune solution durable, encore moins pérenne, au phénomène du terrorisme, à l’extrémisme et aux trafics illicites n’est possible sans le développement. Sécurité et développement sont les deux faces d’une même médaille », relevait quatre mois plus tard, le 5 novembre, le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré.

Pour celui qui s’apprête à occuper les fonctions de président en exercice du G5 Sahel, face à la menace terroriste, Burkinabè, Maliens, Mauritaniens, Nigériens et Tchadiens se doivent « plus que jamais de rester unis et solidaires pour faire du Sahel une zone de sécurité, de stabilité et de développement. »

Poussés à l’union

La cinquième session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat du G5 Sahel se déroule actuellement dans la capitale burkinabè. Le sommet de Ouagadougou se tient à un moment où les terroristes continuent de harceler les troupes burkinabè déployés le long de la longue frontière avec ce pays de l’Ouest au Nord et celle avec le Niger à l’Est avant de se fondre dans la nature.

C’est dire que l’annonce de la certification du fuseau centre (l’espace malien, burkinabè et nigérien) lors de la sixième session du conseil des ministres de la défense des cinq Etats du G5 Sahel à Ouagadougou n’est restée qu’au stade du discours sur papier.

Avant la conférence de Ouagadougou, il y a eu celles de N’Djamena en novembre 2015, de Nouakchott en 2016, de Bamako en février 2017 et de Niamey en février 2018. Le G5 Sahel formé par « des pays aux réalités proches » les unes des autres a vu le jour à Nouakchott, le 16 février 2014.

C’est « poussées par un véritable élan de solidarité et un désir commun de perpétuer, de renforcer, et d’amplifier les liens forts tissés par l’histoire, la géographie et la culture, et devant la recrudescence de l’insécurité consécutive notamment à la prolifération des actes terroristes et du crime organisé transfrontalier », justifie Maman Sambo Sidikou, que les cinq chefs d’État « ont décidé courageusement de s’unir ».

Pour les besoins de la sécurisation la constitution de la force conjointe de 5 000 hommes, approuvée par l’Union Africaine, a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, le 21 juin 2017, par sa résolution 2359, et le 8 décembre 2017, par la résolution 2391 de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Que des promesses jusqu’ici

« Sous la présidence en exercice du Burkina Faso, le président Roch Marc Christian Kaboré, entend travailler avec ses pairs et le secrétariat permanent, à remplir les conditions nécessaires pour une opérationnalisation efficace de cette force conjointe, dont l’apport est incontournable pour la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent dans les pays membres du G5 Sahel », peut-on lire dans le dossier de presse envoyé à Burkina24 par la présidence du Faso.

Il faudra pour cela commencer par répondre à la question du financement et donc de l’opérationnalisation de la force conjointe. Les besoins de financement sont évalués à 423 millions d’euros. Les promesses ont fusé à la suite de l’adoption de la résolution onusienne. L’Union européenne promettait 100 millions d’euros, les Etats-Unis d’Amérique 60 millions de dollars. L’Arabie Saoudite a annoncé 100 millions de dollars et les Emirats Arabes Unis,  30 millions de dollars.

La Chine, réticente jusqu’au rétablissement des relations diplomatiques avec le Burkina Faso situé au cœur de l’institution et de l’Afrique de l’Ouest avec ses projets intégrateurs, s’est inscrite sur la liste. « Total des contributions, 414 millions d’euros », avait indiqué le ministre des affaires étrangères burkinabè Alpha Barry,  au sortir de la conférence de Bruxelles au siège de l’Union européenne.

Il a fallu attendre neuf mois plus tard pour voir l’équipe du Service européen d’action extérieure (SEAE), conduite par Pedro Serrano, dans la région. Reçu par le chef de l’Etat avant d’avoir un entretien avec le ministre de la défense et la hiérarchie militaire, il annoncera la livraison de 150 Equipements de protection individuelle (EPI) avant de faire une autre promesse : « Ce n’est que le début. Beaucoup d’autres équipements vont arriver ».

En plus du statut des troupes issues des différents démembrements du G5 Sahel, il incombe au président du Faso de faire le suivi de la mobilisation des ressources pour le financement de la force conjointe afin de la rendre enfin opérationnelle. Mais d’ores et déjà, comme l’indiquait le chef de la diplomatie burkinabè en juin 2017, que cette somme soit réunie ou pas, menacés dans  notre territorialité, « on est obligé d’engager cette guerre ».

Oui KOETA / Burkina24

Sahel-Elite – Image utilisée juste à titre d’illustration

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