Niger – L’an 2018 : persistance des violences extrémistes en dépit des mesures législatives et militaires

2019/03/01 – L’année 2018 a été marquée au Niger au plan sécuritaire par la persistance des violences extrémistes dont l’épicentre s’est concentré à la frontière avec le Burkina Faso et le Mali où sont actifs des mouvements se réclamant de djihadisme.
Les différentes attaques dans la région de Tillaberi (Ouest) se sont soldées par des morts militaires et civiles, des prises otages, des prélèvements des impôts, ce qui a amené le gouvernement à prendre diverses mesures. Il s’agit des patrouilles militaires, d’opérations militaires dont Dogo, des actions conjointes avec des forces militaires partenaires qui ont permis de ratissage et la neutralisation des terroristes.
La dernière opération menée le 28 décembre dernier par les militaires nigériens en rapport avec les forces françaises de Barkhane s’est soldée par la mort de 15 djihadistes et la récupération d’arsenal de guerre dans la partie frontalière avec le Mali.
Au plan militaire à l’échelle régionale, la force conjointe sahélienne (Niger, Mali, Mauritanie, Tchad, Burkina) se met en place avec la décision des pays membres de contribuer à hauteur d’une dizaine de milliards pour son opérationnalisation. Le commandement de cette force a été confié à un général mauritanien.
Un lobbying porté par le chef de l’Etat nigérien, président en exercice du G5, pour que ces forces sahéliennes soient sous le chapitre 7 des Nations Unies commence à porter ses fruits : plusieurs partenaires dont la Chine, L’Union Européenne ont exprimé leur adhésion à cette démarche. D’autres pays tels que l’Arabie saoudite ont apporté leur appui militaire et financier au G 5 dans sa lutte contre le terrorisme.
Au chapitre de développement de la zone, une conférence internationale des partenaires sur le financement du programme d’investissement prioritaire du G5 tenue le 6 décembre dernier à Nouakchott a permis d’enregistrer des annonces de plus de 2 milliards d’euro pour quelque 40 projets structurants.
Notons qu’au nombre des mesures réglementaires, l’état d’urgence qui renforce les pouvoirs de police des militaires en vigueur depuis 2017 dans certains départements de la région a été étendu à Téra, Tillaberi, Gotheye, frontaliers du Burkina.
Au front Est, dans le bassin du lac Tchad, Boko Haram bien que affaibli selon la terminologie officielle, mais il dispose de capacité de nuisance comme illustrent le nouveau mode opératoire (enlèvements avec demandes de rançons, attaques des marchés et des commerces pour s’approvisionner) et les attaques meurtrières dans la zone.
Les militaires nigériens, les forces multinationales et des partenaires extérieurs conjuguent leurs forces dans cette partie du pays où on enregistre 252.000 déplacés internes et des réfugiés du Nigéria, soulignant l’urgence humanitaire.
Au niveau sous-régional, un sommet extraordinaire de la commission du bassin du Lac Tchad s’est tenu en mi décembre à Abuja au Nigeria.
Il a été décidé de la mise en œuvre du processus de la stratégie régionale de stabilisation des zones du bassin du Lac Tchad affectées par la crise de Boko Haram », cette stratégie a été endossée récemment par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine.
En outre, Les Chefs d’Etat et de Gouvernement se sont accordés sur l’exécution des projets à impact rapide(PIR) dans la limite des moyens disponibles en vue du relèvement rapide des populations affectées par l’insurrection de BokoHaram.
L’état d’urgence décrété en 2015 a été prorogé à maintes reprises avec pour conséquence l’asphyxie économique de la zone. Autres conséquences : plusieurs milliers d’enfants sont privés d’écoles fermés pour cause d’insécurité.
A coté de ces violences, on note aussi la persistance des conflits intercommunautaires, notamment entre pasteurs et agriculteurs, liées à la compétition autour des ressources de plus en plus rétrécies du fait de la croissance démographique, plus de 3% par an et des effets du changements climatiques- rareté pluies, amenuisement des terres de cultures, occupation des aires de pâturage).
Récemment, un accord a été conclu entre les arabes mohamid, éleveurs de chameaux et des pasteurs peuls dans la région de Diffa.

ANP

Sahel-Elite – Image d’illustration © Autre presse par DR 

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