Burkina/Putsch : «Le Commandant Abdoul Aziz Korogo a agi suivant la volonté de la hiérarchie militaire » (avocat)

2018/08/11 – Le parquet militaire a estimé lundi et mardi que le Commandant Abdoul Aziz Korogo a soutenu le putsch par l’exécution d’un certain nombre de missions mais pour son avocat Me Arnaud Willy, son client a agi suivant la volonté de la hiérarchie militaire. 

Le Commandant Abdoul Aziz Korogo a reconnu lundi et mardi devant le Tribunal militaire de Ouagadougou, qu’il a responsabilisé des officiers sous son autorité pour aller occuper la place de la Nation et empêcher tout rassemblement.

«La décision d’occupation de la place de la Nation est venue du Général Diendéré. J’ai informé le chef d’Etat-major de l’Armée de Terre» a-t-il affirmé.

Pendant que les manifestations étaient interdites à la place de la Nation, les militants de l’ex parti au pouvoir le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) se sont rassemblés dès le 17 septembre 2015 au rond-point des martyrs.

Pour le parquet militaire, cela est curieux. «Ne trouvez-vous pas paradoxale d’empêcher les rassemblements à la place de la Nation alors qu’au même moment, au rond-point des martyrs, les pro-putschs manifestaient sans être inquiétés ? » a-t-il demandé à l’accusé.

«Ce sont les ordres reçus», a répondu le Commandant Abdoul Aziz Korogo.

Selon le parquet militaire, dès l’annonce de l’arrestation des autorités de la Transition dans l’après-midi du 16 septembre 2015, des anti-putschs qui voulaient se rassembler au rond-point des martyrs, ont été dispersés.

Pourtant, dès le lendemain au même lieu des pro-putschs ont manifesté sans  souci.

«Le 16 septembre 2015, je n’ai donné instruction à personne pour empêcher tout regroupement», a répondu l’accusé.

Durant la période du putsch, le Commandant Abdoul Aziz Korogo a reconnu que des laisser-passer portant la marque du Conseil National de la Démocratie (CND), l’organe militaire qui venait de prendre le pouvoir, ont été produits au RSP à la demande du Général Diendéré.

«Les laisser-passer ont été produits pour assurer la fluidité pendant les négociations parce qu’il y avait un couvre-feu. Ils étaient destinés aux délégations étrangères et aux chancelleries Je les signais et les envoyaient au Général Diendéré» a affirmé l’accusé.

«Est-ce que ces laisser-passer ne font pas de vous un membre des putschistes ? » a demandé le parquet militaire.

«Négatif»a répondu l’accusé.

«Pourquoi avoir obéi au Général Diendéré alors qu’il n’occupait aucune fonction au RSP ? » a de nouveau demandé le ministère public.

«C’est vrai que le Général Diendéré n’occupait aucune fonction officielle mais il est notre père spirituel» a répondu  le Commandant Abdoul Aziz Korogo.

Cependant, l’officier a précisé qu’à chaque fois que le Général Diendéré lui donnait un ordre, il informait directement ses supérieurs hiérarchiques le colonel-major Boureima Kéré et le chef d’Etat-major de l’Armée de Terre, le colonel-major Raboyinga André Kaboré.

L’avocat de l’accusé Me Arnaud Willi a invité le parquet militaire à ne pas oublier que le Commandant Abdoul Aziz Korogo a voulu démissionner dès la proclamation du putsch pour montrer son opposition à celui-ci.

Mais, il est finalement resté à son poste de chef de corps à la demande du chef d’Etat-major Général des Armées (CMGA) le Général Pigrenooma Zagré afin de contribuer à la résolution de la crise née du putsch.

Selon lui donc, tous les actes posés par son client durant cette période, visaient à appuyer les autorités militaires légitimes et non à soutenir le putsch.

AIB/Sahel-Elite

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