Burkina – Récurrence des massacres terroristes au Burkina Faso (Opinion)

Jusqu’où ira la tragédie ?

Les forces de défense et de sécurité du Burkina Faso sont à la peine ces derniers temps sur tous les fronts, notamment avec ces fameux engins explosifs improvisés particulièrement dévastateurs, dont se servent les terroristes pour faire le maximum de victimes. Ces bombes artisanales à déclenchement télécommandé, ont déjà fait des ravages au sein de nos FDS à l’Est, au Sahel et plus récemment au Nord de notre pays, et il devient de plus en plus impératif de stopper la série noire, soit en changeant de stratégie d’attaque ou de riposte contre l’ennemi, soit en équipant les FDS déployées sur le terrain, de véhicules adaptés dans ce contexte de guerre asymétrique, comme ces fameux véhicules de transport de troupe blindés qui ont déjà fait la preuve de leur efficacité dans des zones de conflit en Afrique et ailleurs dans le monde. On dira peut-être que le Burkina Faso ne peut pas se payer le luxe de commander de tels tout-terrains, mais que doit-on alors faire, par ces temps qui tanguent, pour préserver la vie de nos hommes dans cette guerre protéiforme contre des étrangers endoctrinés, mais aussi des nationaux qui, pour diverses raisons, veulent profiter de la zizanie obscurantiste qui a cours dans la sous-région, pour déstabiliser le Burkina en s’attaquant à la cohésion sociale qui était jusqu’ici sa seule matière première dont il était fier ? Seuls les spécialistes de l’art militaire ou les experts en résolution des conflits pourront «hasarder» des réponses, mais nous demeurons convaincus que ni le surarmement, ni les frappes chirurgicales, ni les arrestations musclées ne pourront venir à bout de cette plaie qui est en train malheureusement de se gangrener de jour en jour. Les bombardements aériens des armées burkinabè et française à l’Est et au Nord du pays, peuvent démanteler pour un temps des cellules terroristes et/ou disperser leurs membres dans la nature, mais l’Histoire même nous enseigne qu’il est impossible de gagner durablement la paix en voulant s’imposer par la guerre.

Nous devons laisser tomber nos différences politiques ou idéologiques

Privilégions donc des solutions endogènes, au lieu de compter sur les puissances étrangères qui pourraient raser en un clin d’œil, si elles le désiraient, toutes les zones où les terroristes semblent avoir installé leurs pénates, mais elles n’assureront certainement pas le service après-vente pourtant indispensable pour la reconstruction et l’apaisement des cœurs.  Les exemples de la Libye, de l’Irak, de l’Afghanistan et nous en oublions, sont très caractéristiques du rôle de pompier-pyromane qu’ont très souvent joué ceux qu’on appelle du vénérable nom de « grandes puissances ». Pour mettre donc fin à l’hécatombe en cours, nous devons compter sur la vaillance de nos FDS certes, mais aussi et surtout, on ne le dira jamais assez, sur la collaboration des populations des zones affectées par le phénomène du terrorisme. Nos compatriotes vivant dans ces points névralgiques devront être mis à contribution, notamment les chefs traditionnels, les responsables religieux, les leaders d’opinion, les membres d’associations et tutti quanti, afin que chacun apporte sa pierre qui servira à la fois à lapider l’ennemi commun, mais aussi à construire le pays qui a besoin de tous pour relever les innombrables défis  de paix et de développement. Pour y arriver, nos gouvernants devront d’abord cesser de croire à la réalité des fariboles chantées et dansées par leurs flagorneurs qui les poussent inconsciemment à la faute en prônant le tout-militaire dans cette guerre où de simples milices d’auto-défense bien encadrées auraient pu nous aider à faire l’économie de la comptabilité macabre que nous tenons maintenant quasi quotidiennement, évidemment l’âme en peine et le cœur en miettes. L’opposition, de son côté, devra mettre fin à la théâtralisation ou à l’exploitation politique d’une situation lourde de dangers pour la nation comme celle que nous vivons, et arrêter ses sanglots crocodiliens et ses discours inutilement surabondants sur l’incapacité des dirigeants actuels à tenir la barque. C’est vrai qu’on doit prendre avec une certaine distance les allégations selon lesquelles certains hommes politiques burkinabè et non des moindres, cautionneraient pour ne pas dire organiseraient des actions de sabotage via des « individus non identifiés » pour se rendre indispensables, mais ce n’est pas forcément faire preuve d’une hérésie mentale que d’y croire, surtout quand on voit certains de nos compatriotes afficher un sourire un peu goguenard, un peu adolescent quand le gouvernement se retrouve dans les cordes suite à des mesures insuffisantes ou lacunaires prises pour la sécurisation du pays. Dans la mauvaise passe que traverse le Burkina, nous devons laisser tomber nos différences politiques ou idéologiques et danser le tango à deux, c’est-à-dire la main dans la main, quitte à reprendre les hostilités après le passage de cet orage particulièrement meurtrier, surtout pour la fine fleur de notre armée nationale. En un mot comme en mille, c’est en faisant l’union sacrée derrière nos FDS, et en demandant à ces dernières de nous aider à les aider en minimisant les bavures et les violations gratuites des droits de l’homme dans les zones à risques que nous mettrons fin à la tragédie et  chanterons le requiem de tous ces groupes armés dont on ne connaît ni les sources de financement, ni les têtes pensantes ni les véritables motivations. Nous devons saluer à sa juste valeur le soutien de nos partenaires dans cette lutte sans merci contre ceux qui ont juré de détricoter la cohésion nationale que nos illustres devanciers ont conçue «année par année, anneau par anneau » et qu’ils ont bien voulu nous léguer, mais nous ne devons pas penser un seul instant que des drones Reaper ou des avions Mirages même équipés de bombes à hydrogène, pourront venir à bout de ces groupuscules furtifs et pas toujours faciles à distinguer des paisibles populations.

Hamadou GADIAGA

Le Pays/Sahel-Elite Photo: Un soldat burkinabè à Ouagadougou (image d’illustration) © AFP PHOTO / SIA KAMBOU

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