Burkina Faso : le fichier électoral actuel ne reflète pas l’état de la population, selon la CENI

2018/09/26 – Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Newton Ahmed Barry, a déclaré mardi à Ouagadougou que « le fichier électoral (actuel) ne reflète pas l’état de la population » au Burkina Faso, justifiant le choix d’une nouvelle méthode d’enrôlement des électeurs. 

« Les élections commencent par le fichier électoral. Il doit refléter l’état réel de la population. Le problème de notre processus électoral aujourd’hui, c’est que le fichier ne reflète pas l’état de la population », a expliqué M. Barry.

Le président de la CENI s’expliquait devant la presse sur la situation qui prévaut dans son institution, où il est accusé par certains de ses collaborateurs de gestion solitaire.

Selon M. Barry, depuis 2012, le fichier électoral peine à dépasser 5 millions d’électeurs alors que toutes les informations fiables, estiment que le « Burkina devrait avoir un corps électoral d’au moins 9 millions ».

« Pourquoi malgré les opérations successives d’enrôlement de 2012, 2014 et 2015 le fichier électoral reste toujours squelettique, loin de réunir le maximum des électeurs qui devraient y figurer », s’est-il interrogé avant de préciser que « notre diagnostic, confirmé par les avis avisés, est que le système actuel d’enrôlement des électeurs n’est pas bon ».

Selon lui, la manière de procéder pour enrôler « n’est pas efficiente » et « ne permet pas de toucher les niches où se trouve le gros des personnes à enrôler », a-t-il ajouté.

« Si nous continuons avec ce système d’enrôlement des électeurs, nous mettons, à terme, la démocratie en danger », a-t-il indiqué.

Le président de la CENI a expliqué que par exemple que pour les choix importants pour la nation comme l’élection du président du Faso, seulement 2 millions d’électeurs en réalité choisissent pour plus de 18 millions d’âmes.

C’est pourquoi, a-t-il souligné, les « réflexions que nous avons collégialement conduit au niveau de la CENI de décembre 2016 à février 2018, avec l’appui de l’OIF ont abouti à un procédé nouveau qui abandonne le recensement électoral pour adosser le fichier électoral sur la base de données de la carte d’identité nationale (CNIB) ».

Pour lui, avec ce procédé, les niches inatteignables par les brefs déploiements sur le terrain, devront être touchées assurant que le nombre d’électeurs va être plus conforme à l’état de la population.

Le Burkina Faso organisera en 2020 une élection présidentielle à laquelle prendront pour la première fois des burkinabè de la diaspora.

Xinhua/Sahel-Elite Photo d’illustration : © FP / AHMED OUOBA

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