Burkina – Lutte contre le terrorisme : Des syndicats exigent du pouvoir des actions fortes et urgentes

2018/09/11 – Le Collectif syndical CGT-B et la Coordination des syndicats de la fonction publique ont organisé une rencontre nationale, le 8 septembre 2018 à Ouagadougou. Les 286 délégués syndicaux participants se sont penchés, entre autres, sur le code du travail, la violation des libertés démocratiques et syndicales, les objectifs et conclusions de la conférence des forces vives sur le système de rémunération des agents publics de l’Etat. La situation sécuritaire dans notre pays n’a pas non plus été occultée. Tout en dénonçant « l’attitude irresponsable et le cynisme de l’Etat dans la gestion de la situation sécuritaire », ils ont exigé des tenants du pouvoir, des actions fortes et urgentes dans la lutte contre le terrorisme.

Les deux coordinations co-organisatrices de la rencontre n’avaient pas participé à la conférence sur le système de rémunération des agents publics de l’Etat. Mais en ce 8 septembre, il n’était nullement question de fustiger les autres. « La rencontre des deux coordinations n’est pas une rencontre sectaire, ce n’est pas une rencontre pour jeter la pierre à d’autres organisations syndicales. C’est une rencontre qui s’inscrit dans les sillons tracés par nos devanciers qui visent à cultiver l’unité des travailleurs dans notre pays, l’unité des organisations syndicales dans notre pays », a précisé Bassolma Bazié, le secrétaire général de la CGT-B.

Cette rencontre se tient dans un contexte d’incompréhension entre le mouvement syndical et l’exécutif sur plusieurs sujets. « Nous sommes à un tournant important pour le monde du travail aujourd’hui. Il y a des actions visant à remettre en cause les libertés syndicales et démocratiques, les acquis sociaux des travailleurs.

Aujourd’hui, on peut résumer la situation en termes d’offensive du pouvoir MPP et ses alliés visant à remettre en cause le droit d’existence de nos organisations syndicales. Donc nous ne pouvons rester inertes et la rencontre d’aujourd’hui marque une étape importante en termes de mobilisation, d’appel au monde du travail dans toute sa composante ». C’est ainsi que Souleymane Badiel, porte-parole de la Coordination des syndicats de la fonction publique, dépeint la situation nationale pour justifier la tenue d’une telle rencontre.

Rémunération des agents publics : la Conférence a abouti à des recommandations vagues

Concernant conférence des forces vives tenue du 12 au 14 juin derniers, la CGT-B et les syndicats de la fonction publique estime qu’elle a totalement occulté la principale question de fond qui impacte négativement la gestion de la richesse nationale dont les salaires des agents publics. Pis, « au sortir de la rencontre, on note qu’elle n’a pris aucune décision et s’est contentée de faire des recommandations pour la plupart générales et même souvent vagues. Un tel flou dans les conclusions et actes de la conférence offre toute la latitude au pouvoir pour définir les mesures à mettre en œuvre suivant les orientations de sa politique », a confié Souleymane Badiel.

Avant de préciser que les recommandations issues de la conférence des forces vives peuvent être réparties en deux groupes. Pour lui, le premier groupe annonce clairement un certain nombre de mesures qui, pour l’essentiel, « remettent en cause les acquis démocratiques ». Le second groupe comporte, lui, « une batterie de recommandations vagues dont on a du mal à cerner les contours et les modalités de mise en œuvre pratique ».

A en croire la CGT-B et la coordination des syndicats de la fonction publique, « la seule alternative pour évoluer sur les questions salariales des agents publics réside dans l’examen sérieux par le gouvernement du MPP et ses alliés des plateformes revendicatives des différents syndicats et regroupements syndicaux ».
C’est pourquoi, au terme de la rencontre conjointe du 8 septembre 2018, les participants ont pris l’engagement de poursuivre les luttes, non sans condamner ce qu’ils ont appelé les atteintes aux libertés démocratiques et syndicales. Mieux, ils ont lancé un appel à la mobilisation des travailleurs.

« Attitude irresponsable » dans la gestion de la situation sécuritaire

Actualité oblige, la rencontre s’est également penchée sur la situation sécuritaire du pays. Et les participants ont pris une motion on ne peut plus claire. Ils ont d’abord présenté leurs condoléances aux familles des victimes et souhaité prompt rétablissement aux blessés. Puis, ils ont dénoncé « l’attitude irresponsable et le cynisme de l’Etat dans la gestion de la situation sécuritaire », avant d’exiger « des actions fortes et urgentes du pouvoir MPP et alliés dans la lutte contre le terrorisme ». Par ailleurs, la rencontre a appelé les populations à s’organiser davantage pour la prise en charge de leurs préoccupations notamment celles liées à la sécurité. Car, « la situation sécuritaire que nous vivons est la conséquence du système capitaliste, néo-libéral qui est appliqué dans notre pays », a poursuivi Souleymane Badiel.

Le FasoNet / Sahel-Elite

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