Niger/Algérie – Poursuite du rapatriement des migrants illégaux et lutte contre les passeurs #Mali

2018/07/19 – Les travaux du comité bilatéral algéro-nigérien frontalier, que président le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, et le ministre nigérien de l’Intérieur, de la Sécurité publique, de la Décentralisation et des Affaires coutumières et religieuses, Mohamed Bazoum, ont pris fin hier, après de difficiles discussions entre experts des deux pays, qui ont buté sur la question de l’immigration clandestine et les rapatriements, avant d’arriver à un consensus.
Les Nigériens refusaient catégoriquement que des Maliens et des Guinéens soient parmi les Nigériens rapatriés par l’Algérie, alors que l’Algérie estime que l’écrasante majorité des migrants clandestins viennent de la région des 15 pays de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, dont le Niger), unis par une convention de libre-circulation des personnes.
Ne pouvant pas traverser le Mali et son Nord secoué par un conflit armé, ces migrants viennent en Algérie par le Niger, où les réseaux de passeurs se sont multipliés ces dernières années. Des sources bien informées expliquent que les débats entre les experts des deux pays ont été très durs.
L’Algérie a proposé d’assurer le transport des migrants clandestins jusqu’à Asamaka, ville nigérienne située à 15 km de la frontière algérienne, où elle les remet aux autorités et la partie nigérienne a maintenu sa position de refuser les ressortissants guinéens. Il aura fallu des heures de débats serrés pour que les deux délégations finissent par trouver un terrain d’entente.

Ainsi, il est convenu que l’Algérie prenne à ses frais les opérations de rapatriement jusqu’à Asamaka, où les autorités nigériennes prendront le relais.
Les deux délégations ont validé le communiqué final des travaux qui comporte six mesures distinctes : «L’adoption de mesures sécuritaires opérationnelles en matière de sécurisation des frontières, l’intensification de la coordination et de la concertation entre les services de sécurité des zones frontalières, la coopération dans le domaine de la formation et du renforcement des capacités institutionnelles, la mise en œuvre, dans un cadre concerté, des recommandations de la dernière session du comité bilatéral frontalier, en vue de juguler le phénomène de la migration illégale, à travers l’échange d’informations, le démantèlement des réseaux de passeurs et la sensibilisation sur ses dangers, le développement d’une coopération féconde, diversifiée et mutuellement avantageuse dans le domaine de l’aménagement du territoire, qui s’articulera essentiellement autour des études et échanges des expériences ainsi que le renforcement des capacités de formation.»
En plus de recommandations, il a été décidé de la mise en place de mécanismes opérationnels permettant l’élargissement et l’intensification de la coopération bilatérale dans les 17 domaines des secteurs représentés dans les travaux du comité bilatéral.
Pour sa part, le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, a mis l’accent sur les résultats de cette 6e session, en annonçant le retour de la Foire de l’Assihar à Tamanrasset, durant le premier semestre de 2019, un espace d’échange commercial et économique entre les deux pays, et en insistant sur le renforcement des capacités opérationnelles des services nigériens de police et de la Protection civile, la poursuite des opérations de rapatriement des migrants clandestins, renforcement des cycles de formation pour les cadres nigériens chargés de l’aménagement du territoire, l’échange de visites entre experts des deux pays, la poursuite d’octroi de bourses de formation professionnelle et universitaire aux étudiants nigériens, la formation des imams pour lutter contre la radicalisation et l’extrémisme religieux.
De on côté, le ministre nigérien, Mohamed Bazoum, s’est déclaré «satisfait» de la création et de la mise en place du dispositif de suivi régulier pour la mise en œuvre des décisions.
Il a dit : «Je suis satisfait des avancées enregistrées à travers des engagements précis, assortis de mécanismes d’évaluation qui nous permettront, de façon régulière, de faire le point de l’évolution des conclusions auxquelles nous sommes parvenus.» Le ministre, qui avait, il y a moins d’un mois, accusé l’Algérie d’abandonner les migrants dans le désert et menacer d’imposer des conditions strictes pour les opérations de rapatriement, a affirmé publiquement son satisfecit, alors que la veille il n’avait soufflé mot sur la question de la migration clandestine.
Devant l’assistance, il a reconnu que «le problème de la migration illégale ne saurait se dissocier de la question de la criminalité transnationale de façon générale, car nous savons très bien que les réseaux de cette criminalité sont interconnectés et toutes les parties concourent aux mêmes objectifs et tous les trafics s’alimentent mutuellement pour déboucher sur la situation d’insécurité».
Mieux encore. Mohamed Bazoum a affirmé avoir eu «des discussions très franches et très pointues» sur cette question et que de ce fait : «Nous repartons dans notre pays avec ce sentiment d’avoir fait un voyage très utile.» Les deux ministres ont cependant évité les questions des journalistes, en annulant à la dernière minute leur conférence de presse conjointe, qui était inscrite au programme de ce comité. Un camouflet qui a fait grincer des dents les nombreux journalistes conviés.

El Watan
Sahel-Elite

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