G5 Sahel : Un échec prévisible (Opinion)

Au lancement de l’idée de la création d’une nouvelle force conjointe au Sahel, le G5, réunissant cinq pays de la région, (Tchad, Mauritanie, Mali, Niger et Burkina Faso), plusieurs voix se sont élevées prédisant l’échec de l’initiative française. «A terme, le G5 aussi va échouer. Cette organisation a péché de par sa configuration. Elle devrait être créée autour de l’Algérie qui se révèle incontournable dans la lutte antiterroriste», avait ainsi indiqué un politologue. Ces avis avaient soutenu que la non- participation de l’Algérie allait forcément rendre le G5 inefficace, poussant ainsi ces derniers à s’interroger sur la capacité de cette force à bouter le terrorisme. Et si le temps a fini par leur donner raison, force aussi est de souligner que l’échec annoncé du G5 n’est pas lié uniquement à l’absence de l’Algérie, qui, faut-il le rappeler, sans le crier sur tous les toits, participe à la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. En effet, ces dernières années, le pays a dépensé, indiquera ainsi le Premier ministre Ahmed Ouyahia, au moins cent millions de dollars pour venir en aide à cinq pays de la sous-région du Sahel par la formation d’une dizaine de compagnies de forces spéciales et en leur donnant d’énormes équipements. En effet, d’autres facteurs, dont l’incapacité du G5 à réunir les fonds nécessaires à son fonctionnement et la crainte de voir cette force servir d’autres objectifs que ceux officiellement assignés par ces initiateurs, ont contribué à cet échec. D’autant que ni la France ni les pays qui la composent n’ont réussi à être dissuasifs quant aux desseins prêtés à cette force conjointe. Signe de cette crainte que suscite le G5, le récent rapport du Secrétaire général de l’ONU dans lequel il exhorte les membres du Conseil de sécurité «à être ambitieux et à donner à la Force conjointe un mandat fort qui lui confère la légitimité politique qu’elle mérite». Et ce d’autant que Antonio Guterres considère que la montée en puissance de la force conjointe «ne progresse pas à la vitesse requise». Face à ce constat, il n’aura d’autres choix que d’exhorter «les pays du G5-Sahel à déployer le reste de leurs troupes aussi vite que possible et de résoudre les problèmes de commandement et de contrôle» qui subsistent et à demander à ce que l’aide promise de l’ONU «se matérialise de façon plus concrète et tangible», au moment où la situation sécuritaire dans cette sous- région qu’est le Sahel «continue de se détériorer» et que son représentant spécial pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel annonce qu’il faudra des années pour «éliminer complètement» le groupe Boko Haram.

Elmoudjahid
Sahel-Elite

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