Burkina – Procès du putsch: Gilbert Diendéré et sept autres accusés sans avocat

2018/05/10 – Nouveaux déports, retour à la case départ. A peine rouvert mercredi 9 mai 2018, le procès du putsch de septembre 2015 a été de nouveau renvoyé au 25 mai prochain, pour permettre aux six avocats commis d’office de mieux s’imprégner du dossier et au bâtonnier de trouver de nouveaux avocats commis d’office à huit accusés dont les avocats se sont déportés ce mardi 8 mai.Désigné le 11 avril dernier, par le Bâtonnier comme avocat commis d’office des accusés Ousséini Faïsal Nanéma et Paul Sawadogo, Me Arno Sanprebre, à l’instar des cinq autres avocats commis d’office, estime qu’il n’est pas aisé de s’imprégner des 15 000 pages du dossier en l’espace d’un mois. Ainsi, pour mieux prendre connaissance des pièces de la procédure, lui et ses confrères ont demandé un délai allant de 20 à 30 jours, trois semaines ou un mois. Si le parquet militaire a marqué son accord pour le renvoi du procès, il a demandé au tribunal d’accorder un délai raisonnable. Aussi a-t-il proposé une suspension de deux semaines. Pas plus.

De nouvelles lettres de déports ont été déposées par le SCPA Somé et Associés et Me Paul Kéré, le 8 mai au greffe du parquet militaire. A la lecture desdites lettres par le juge, il ressort que le SCPA Somé et Associés, pour convenance personnelle, a décidé de ne plus assurer la défense des accusés Sidi Omar, Yaméogo Herman et Diawara Fatoumata Thérèse. Quant à Me Paul Kéré, il a mis fin à son parcours de défenseur de l’ensemble de ses clients. Conséquence de ces deux déports : huit accusés se retrouvent sans avocats. Il s’agit du Général Diendéré, présumé chef du coup d’Etat, de Baguian Abdoul Karim dit Lota, de l’Adjudant Ouékouri Kossè, du Sergent-chef Koussoubé Roger Joachim Damagma, du Sergent-chef Zerbo Laoko Mohamed, de Guelwaré Minata, de Fatoumata Diendéré et de Traoré Abdoul Karim.

« On ne rentre pas dans un palais comme on rentre dans un marché »

Pour Me Guy Hervé Kam de la partie civile, ces déports sont aux antipodes de la procédure judiciaire. « Lorsque nous allons dans les juridictions civiles et commerciales, on ne se déporte pas comme on veut. Et devant une juridiction de nature criminelle, les procédures doivent être encore plus strictes. On ne rentre pas dans un palais comme on rentre dans un marché ou un restaurant », a-t-il déclaré. En s’appuyant sur l’article 40 du règlement UEMOA régissant la profession d’avocat, Me Kam estime que les déports ne sont pas des faits d’amusement et les lettres de déports devraient être accompagnées de la preuve que les avocats ont informé leurs clients en temps utile.

« Chacun jouera sa partition en fonction de la musique proposée »

« Les déports ne se font pas sur un coup de tête. Ils peuvent intervenir en cours de la procédure. Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on se déporte », a lancé Me Dieudonné Bonkoungou, avocat de la Défense. A l’en croire, les règles de droit les plus élémentaires doivent être respectées et « ce n’est pas parce que nos clients sont accusés qu’ils sont dénués de tout droit ». Dans la même veine, Me Antoinette Ouédraogo, tentera de recadrer Me Guy Hervé Kam, elle qui déclare avoir participé à la rédaction du règlement UEMOA régissant la profession d’avocat. « Le texte a été mal lu (faisant référence à la lecture faite par Me Kam de la loi, ndlr). C’est une injure à toute la profession. Nous sommes là parce que nous avons accepté une mission. Nous partirons si nous voulons partir. Nous n’avons de compte à rendre à personne. Chacun jouera sa partition en fonction de la musique qui sera proposée. Que la partie civile nous épargne de ses analyses tendant à nous diaboliser », a-t-elle averti.
Pour sa part, le Parquet militaire a estimé que c’est l’enlisement du procès qui est recherché par certains acteurs et cela l’amène à douter de la bonne foi de ceux-ci, sans les nommer.

Le même scénario va-t-il se produire le 25 mai ?

Dans sa décision, le juge Seidou Ouédraogo, a renvoyé le procès au 25 mai. Les avocats commis d’office ont donc 16 jours pour affuter leurs armes pour la défense de leurs clients. Le Bâtonnier dispose également du même temps pour désigner de nouveaux avocats commis d’office aux huit accusés. Le public doit-il s’attendre au même scénario que celui qu’il lui a été donné de voir, ce mercredi ? Me Traoré Michel, de la défense reste dubitatif. « Les avocats qui n’ont pas encore été commis risquent de poser aussi le même problème. En 16 jours quand est-ce qu’on (le Bâtonnier) va rentrer en contact avec ces nouveaux-là et combien de temps on va attendre pour photocopier ce dossier volumineux pour chacun ? », s’est-il interrogé.

Source: Le FasoNet

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